présentation des peintures synchronistiques

lundi, avril 11, 2016

Au cirque, 11 avril

Gilles Chambon, Au cirque, 11 avril, Huile sur toile, 55x60cm, 2016

Ce tableau synchronistique est un hommage à Henri de Toulouse-Lautrec. Deux ans avant sa mort (survenue en 1901 alors qu’il n’avait que 36 ans), il fut interné par sa famille quelques mois à la Folie Saint-James, asile luxueux installé dans un hôtel particulier à Neuilly, suite à une crise de delirium tremens. Il se battait contre la folie, et pour démontrer qu’il avait recouvré sa santé mentale, il demanda des pinceaux, du papier, de l’encre, et de l’aquarelle, et réalisa, d’imagination, quelques dessins sur le thème du cirque : une écuyère, un clown, un dompteur, un équilibriste, etc.. Après sa mort, une série de lithographies reprenant ces dessins fut publiée.

J’ai utilisé l’un des dessins, un dresseur de chien, daté du 11 avril 1899, et dédicacé à son ami Arsène Alexandre « en souvenir de ma captivité » (il existe aussi un croquis préparatoire du dresseur de chien, voir ci-après):
Tpoulouse-Lautrec, croquis préparatoire et dessin d'un clown dresseur, 1899
J’ai marié les protagonistes du dessin – le dresseur, un caniche, et un éléphanteau - à une petite aquarelle sans titre (1943… peut-être le 11 avril ?) de Maurice Estève, à la limite de l’abstraction, dans laquelle on distingue toutefois deux cruches, ce qui n’a a priori rien à voir avec le cirque.

Maurice Estève, Sans titre, aquarelle 22,5x25cm, 1943
 Pourtant, l’envolée lyrique vaguement circulaire de la composition, et son dynamisme joyeux, m’ont poussé à en faire, ce 11 avril 2016, une sorte d’évocation de la piste circassienne à laquelle rêvait Henri Toulouse-Lautrec, et ainsi faire faire un nouveau tour de piste, 117 ans après, à ses personnages si remarquablement campés.

2 commentaires:

Tilia a dit…

Bravo ! encore un beau mariage.
Cependant, il m'a fallu un certain temps pour repérer le détail qui, je suppose, vous a amené à choisir cette aquarelle de Maurice Estève comme fond de votre tableau.
Aquarelle qui, soit dit en passant, n'est pas si proche de l'abstraction.
Outre un personnage assis devant une table, sur laquelle se trouve un pichet, et dont un coude repose sur le haut du dossier en ovale d'une chaise, je vois à droite, un guitariste et à gauche, une chanteuse tenant un micro. Un chemin, où se promènent deux silhouettes enlacées, semble sortir de sa bouche, suggérant ainsi une chanson d'amour.
Pour moi, toute la scène peinte par Estève évoque un cabaret. Certains spectacles, tels les jongleurs, les montreurs d'animaux savants, les prestidigitateurs, les contorsionnistes (etc.) étant communs au cirque et au cabaret, la boucle est bouclée !

Gilles Chambon a dit…

C'est vrai, Tillia, mais je n'avais pas vraiment vu ce que vous décrivez justement sur l'aquarelle d'Estève... Mais mes choix de rapprochement se font souvent spontanément, et je m'aperçois parfois longtemps après qu'il y a des rapports dont je n'avais pas conscience... C'est le côté mystérieux de la synchronicité !